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L’info en réseau

Dans l’émission « Médialogues » de la radio suisse romande du 12 septembre, il est question de la difficile période que vivent les médias traditionnels (payant) comparativement aux différentes alternatives (gratuites) proposées sur le web. Même si, en l’occurrence, ce résumé est extrêmement réducteur, ces entretiens très riches démontrent que le journalisme connait une mutation structurelle en profondeur. A l’exemple de ce photographe de presse qui déclare que les plateformes qui proposent des images libres de droit (et Flickr?) tuent le métier de photographe d’investigation qui était mandaté pour raconter une histoire… Les médias auraient compris que s’approvisionner auprès d’amateurs coûte moins cher et n’est pas forcément moins lu ou consulté.

De ce point de vue, l’expérience du journal en ligne le Post.fr, une expérience de journalisme collaboratif patronnée par le Monde, démontre l’intérêt de nouvelles formules d’information où le lecteur est aussi contributeur (articles, photos, sondages…).
Sur son blog, Benoît Raphaël, rédacteur en chef du Post.fr, commente les résultats de son journal en ligne après une année d’existence. Les conclusions y sont particulièrement intéressantes dans la mesure où la fréquentation, notamment, indique un réel intérêt du public pour de l’actualité façonnées par l’utilisateur.

De plus, une des conclusions me paraît importante parce qu’elle traduit une nouvelle réalité de la consommation de l’information. Les consommateurs de médias s’abreuvent à plusieurs sources à la fois :

2- L’info n’est plus une info centrée sur une rédaction, elle est une info de réseau. « Do what you do the best, link to the rest » (faites ce que vous savez faire de mieux, faites des liens vers le reste): sur Le Post, la plupart des articles renvoient vers l’extérieur, vers le meilleur du web. Si un média a bien traité un sujet, nous faisons un lien vers lui. Si nous estimons qu’il faut aller plus loin, la rédaction intervient.

Le journaliste en facilitateur et médiateur entre les producteurs de l’information au front et les lecteurs avident d’analyses pertinentes, c’est un nouveau (?) métier qui permet aux professionnels de faire le travail pour lequel ils sont les plus compétents. En cela, l’analyse de Jeff Jarvis, qui est aussi cité par Benoît Rapaël, est extrêmement pertinente (voir cet article et celui-ci).

En complément, le même Jeff Jarvis propose une présentation de l’état du journalisme d’actualité en 2008 face à la compétition des autres médias et les opportunités liées à ce journalisme interactif.

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La dérive des médias ?

En écoutant l’interview à Radio Suisse Romande ce matin (Médialogues : 12 fév. 2008), il est question du livre suivant : « La trahison des médias » de Pierre Servent. Le sujet m’a semblé être traité de manière intéressante et je souhaitais livrer quelques notes sur ce que j’ai entendu…

Pierre Servent explique que dans les médias, actuellement, il faut faire étalage de sa « charcuterie intime » – il faut pleurer pour mobiliser la presse.

Par ailleurs, il déplore que le traitement d’un sujet se fait avec un seul son de cloche, souvent provenant de l’opposition, sur le style de « j’accuse ». On va chercher où se trouve la victime et le journaliste va exploiter ce point de vue sans chercher à donner la parole à d’autres intervenants (condamnation émotionnelle). Les notables sont d’office considérés comme peu intéressants ou peu fiables, parce que représentant le pouvoir en place.

Il raconte ensuite que ce qui marche bien en France actuellement, c’est « la chasse aux gros » pour flinguer les gens au pouvoir sans vouloir montrer tous ceux qui fonctionnent bien (similitude dans la politique suisse ou vaudoise – on attaque, on veut limiter les salaires, on veut contrôler les politiciens à tout prix -> je me demande, finalement, qui va dorénavant vouloir faire de la politique ? – c’est bien plus confortable d’être à la tête d’une assurance ou d’une banque… – quoique…).

Il constate aussi que les actions courageuses et réussies des responsables en place ne sont pas assez médiatisées ! Ainsi, on perd de vue la marge de manœuvre limitée des responsables politiques au pouvoir et on les accuse de ne pas faire le maximum pour que les choses changent.
On flingue d’abord et on discute en suite. Il s’agit d’une dérive dans laquelle l’investigation n’est plus assez valorisée avant la publication d’un article…

Il utilise également le néologisme suivant : « Médialomanie » ou le plaisir de se retrouver dans les médias, être reconnus, et le système médiatique joue avec ce plaisir et ce besoin d’exister dans les médias de certaines personnes. Le risque est que, une fois le doigt dans l’engrenage, il soit impossible d’échapper à cette spirale médiatique.

En même temps, l’affaire « Mörgele » fait la une depuis le 1er février 2008 ! et Mörgeli exploite ceci en allant se faire filmer devant un camp de concentration en Allemagne… Pourquoi la SSR est-elle entré dans ce jeu-là ? En tout cas, l’instrumentalisation médiatique de ce lapsus ne fait pas la gloire de l’UDC.
Couchepin a réagi de manière correcte en rappelant ses convictions profondes au sujet de l’holocauste, mais l’UDC est en mal de sujet à exploiter et les médias se délecte d’un tel excès émotionel dirigé contre le Président de la Confédération (Raymond Lorétan – conseiller en communication – RSR 12.02.08)

Le citation du jour de l’émission résume bien ces interventions :

« La presse lèche, lâche et lynche » (J-F Khan – fondateur de « Marianne »)

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