Archive for novembre, 2010

Les « Curators » ou amplificateurs du web?

Trop d’information tue l’information…

Confronté à la masse de données accessibles à tous, il est vrai que nous pouvons avoir rapidement la sensation d’un voyage en apnée ou d’une noyade programmée… Il devient de plus en plus difficile de suivre les éléments d’actualité, même filtrés via un RSS reader ou via quelques personnes suivies sur Twitter / Facebook… Nous avons parfois besoin de personnes qui amplifient le signal continu pour faire ressortir des éléments du brouhaha numérique…

Dans cette perspective, Roxanne Varza sur Techcrunch.fr évoque l’importance grandissante des « curators » (littéralement des « conservateurs de musée » du web) qui mettent en forme et relayent l’information « prédigérée ». Ainsi, le « packaging » humain de l’information démontre son importance dans la mesure où les essais d’agrégation et de mise en forme automatique atteint ses limites dans ces circonstances. Si l’on peut programmer par algorithme le type d’information que l’on pousse vers quelqu’un en fonction de ses choix précédents, rien ne vaut l’analyse « humaine » même si elle a ses failles et ses parti-pris.

Il est clair que tous les « curators » ne sont pas « éclairés » de la même manière, voire guidés par un volonté marketing uniquement (brand curators), mais il serait dommage de se passer de cette faculté « humaine » d’assemblage et de liens à la recherche de sens…

>> lire plus loin : « The Three C’s of Information Commerce: Consumption, Curation, Creation »

>> chercher avec un moteur de recherche plus humain : Mahalo.com (bien qu’un peu americano-centré!) qui classe en page d’accueil les sujets « hots » du moment… et qui répond à des vrais questions avant qu’on se les pose :-) …

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Les données publiques en accès pour le plus grand nombre? Pas sûr…

Daniel Kaplan, sur InternetActu, décrit comment l’accès de plus en plus important à des données produites par les collectivités publiques pourrait mener à … moins de transparence.

Si l’accès aux données est facilité et la transparence de l’information produite par nos institutions bénéfique d’un point de vue citoyen, disponibilité ne signifie pas accessibilité. En effet, la masse d’information diffusée en rend la lecture de plus en plus difficile pour le commun des mortels et nécessite de moyens importants pour en comprendre les enjeux. Ainsi, seuls les acteurs suffisamment bien équipés pour le faire peuvent traiter et, le cas échéant, mettre en forme (filter?) cette information pour en tirer bénéfice (au propre comme au figuré).

Ceci renvoie aux difficultés de plus en plus grandes pour l’internaute « de base » d’être en mesure de traiter la masse d’information à sa disposition. La démocratisation du web pourrait donc se révéler être un rêve de geek… finalement…

Ceux qui militent en faveur de l’ouverture des données publiques (ou non, d’ailleurs) et de leur réutilisation par les citoyens, les chercheurs et les entrepreneurs, espèrent qu’il en sortira quelque chose de bon. […] La transparence peut également produire des conséquences problématiques. On peut imaginer qu’au lieu de s’engager dans des discussions ouvertes et constructives sur des sujets d’intérêt général, les groupes d’intérêt s’en servent pour contester la moindre décision, la moindre ligne de dépense publique. Au lieu d’aboutir à des décisions plus sages et plus largement soutenues, la transparence totale dresse les intérêts particuliers les uns contre les autres, inhibe la prise de décision et réduit la confiance. La nouvelle visibilité des données invite même à les trafiquer à la source, pour faire en sorte que même des analyses indépendantes, fondées sur des moyens informatiques massifs, produisent les conclusions qu’attendent les producteurs de données. L’ouverture des données publiques réduirait ainsi la fiabilité des données publiques…

>> lire aussi : « Journaliste de données : data as storytelling« 

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