Archive for février, 2008

Medialogues – RSR 28.02.2008 – Le grand malentendu

Dans l’émission de la Radio Suisse Romande Médialogues du 28 février, Jean-Marie Charon, sociologue des médias, donne un aperçu des grands bouleversements qui sont survenus dans la profession de journaliste ces dernières années. Cela complète bien, à mon sens, la série d’émission d’Histoire Vivante dont j’ai donné un aperçu dans d’autres posts.

Il y a eu une série de chocs qui a privé la profession de journaliste de ses repères et probablement conduit à une crise de responsabilité individuelle et collective :

– il y a un choc technologique avec un changement rapide des outils de travail des journalistes

– un choc organisationnel dans le sens où les journalistes font maintenant partie de grandes entreprises, de grands groupes de communication qui ont leur ramifications dans des domaines bien loin du monde des médias (bâtiment, armement, par exemple…)

– un choc quant à la nature de la propriété : ces grands groupes sont propriété de financiers, cotés en bourse, ce qui conduit à une très grande instabilité (achat ou vente rapide de magazines qui sont profitables à d’autres grands groupes)

– également, les attentes du public ont radicalement changé avec cette exigence du zéro défaut, exigence qui ne parait pas réaliste … les journalistes ne travaillent pas sur de la connaissance mais des éléments d’information qui sont relatifs, mouvants et parfois incertains. Le public attend de l’information et des journalistes la même rigueur « encyclopédique » que des scientifiques. On oublie les aspects liés au contexte, à la mise en place d’un évènement en train de se transformer et les aspects d’urgence liés au travail de journaliste. Ce qu’on peut demander au journaliste, c’est la meilleure mise en perspective possible des évènements dans ce contexte particulier d’urgence. C’est là que réside le malentendu pour Jean-Marie Charon.
Ce n’est pas les journalistes ou le public qui a raison ou tort, mais bien qu’on se mette d’accord sur ce que sont les contraintes, sur ce qui peut être attendu de part et d’autre (un surcroit de moralité pour les journalistes et l’éducation aux médias du public, par exemple).
Un phénomène de scepticisme généralisé et de remise en question systématique des informations diffusées par les professionnels n’est bon pour personne. C’est pourquoi, cette éducation aux médias pour le plus grand nombre parait indispensable afin que chacun soit capable de comprendre et intégrer l’information transmise.

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Signal Failure – TIME Feb 25th 2008

Last week, I read a very interesting article by Michael Brunton in the Feb 25th edition of TIME magazine.

Shortly, it describes a radical experiment conducted in Holland, in the province of Friesland. There, Hans Monderman, a traffic engineer redesigned the street layout of Frisian town and villages by removing road signs, traffic lights and surface marking. His theory is that « if you want people to behave in a village, maybe you have to make it feel like a village ». He also spread flowerpots which reduced average traffic speed by 10% and cut shared space on the street in half.

What I find very interesting in this approach is the fact that it is intended to force people sharing the street space « to look each other in the eye, to judge body language and learn to take responsibility – to function as normal human beings ».
Removing signs to generate a need for real communication… that’s brave and brilliant at the same time !

In a time when a crowd of signs surrounds us whenever we take a step… inside or outside, in the reality or in virtual worlds, isn’t it a good idea to center our life on real communication ? Using tools nature gave us (I mean … eyes, hands, arms… and whatever you use to interact with real people…)…

Let’s think about it !

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Histoire vivante – RSR – Médias et journalisme 3/5 (suite)

Je poursuis ici ma prise de notes concernant la passionnante série d’émissions produites par la RSR et consacrées aux médias et au journalisme :
Interview de Jean-François Fogel qui a écrit avec Bruno Patino: Une presse sans Gutenberg. Pourquoi Internet a bouleversé le journalisme aux éditions Points en 2007.

Trois événements fondateurs qui aide la profession de journaliste à comprendre ce qu’est le média
9/11 -> la plupart des sites Internet s’effondrent au moment des attentats parce que les demandes de consultations sont trop nombreuses en trop peu de temps. On comprend alors qu’il faut se constituer et vivre en réseau : les photos à un endroit, le texte à un autre, les vidéos encore ailleurs. Cela permet d’être plus fort lors de pics de sollicitations comme celui-ci. Les serveurs sont répartis à plusieurs endroits du monde.
les attentats de Madrid en 2004 -> info plus fluide qui n’est plus seulement du texte : animation flash, texte, photos, vidéo. Un nouveau language apparaît.
Attentat de Londres en 2007 -> l’information est fournie par l’audience et la BBC publie ce qui lui est transmis (vidéos et photos prises depuis des téléphones mobiles par exemple). En conséquence, la BBC va se réorganiser pour mobiliser 10% de son staff pour publier ce qu’elle reçoit de son audience (passage au User Generated Content or Consumer Generated Media – voir la référence à la BBC dans l’article de Wikipedia + Citizen Journalism dans Wikipedia).

Avec internet, on est revenu à un mode de communication journalistique d’avant Guttenberg. En effet, comme lorsqu’un barde ou un autre intervenant diffusait de « l’information » obtenue ça et là à un public, ce dernier pouvait réagir directement à ce qui était dit et répondre à « l’émetteur ». Dès lors que la publication d’information se fait de manière écrite et imprimée, le lecteur ne peut interagir directement avec l’auteur du discours. De nos jours, sur Internet, sur la même page, on peut trouver l’information (discours) et les réactions des lecteurs qui interagissent directement à la source. On est dans un univers où rien n’est stable et où l’audience parle autant que les auteurs du discours (pas toujours facilement identifiable d’ailleurs).

A la différence d’un média « traditionnel » qui décide du contenu diffusé chaque jour, le journalisme sur Internet est dicté par les demandes de l’audience.

L’importance de Facebook -> capacité de configurer l’audience. Choisir un groupe en particulier pour faire circuler l’information et mieux gérer l’impact. Difficile de mesurer l’effet que cela aura sur les médias dans le futur. La gestion de l’information à l’intérieure de groupes organisés de manière spécifique autour de spécialistes change la manière dont celle-ci circule. On assiste à une fragmentation de l’audience. Internet est un média des masses mais pas un mass-média.

A lire également : Les actus du monde.fr font des liens vers de blogs

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Médias et journalisme – Histoire vivante 2/5 (suite)

Entretien avec Nathalie Sonnac (maître de conférences à l’Institut français de presse de l’université de Paris-II. Docteur en sciences économiques, elle dirige des recherches en sciences de l’information et de la communication. Elle a publié aux Editions La Découverte, L’industrie des médias avec Jean Gabszewicz en 2006, et Economie de la Presse avec Patrick Le Floch en 2005).

Qu’est ce qu’une information?

L’information c’est un bien totalement atypique. C’est véhicule de démocratie, un facteur de rencontre sociale, de valeur culturelle. Elle a aussi une caractéristique de non-rivalité -> la consommation de ce bien par un individu ne diminue pas la consommation de ce même bien par un autre individu (= film, émission… par ex, valable pour les biens médiatiques en général). Ceci a d’importantes conséquences d’un point de vue économique. C’est également un bien tutélaire pour lequel l’Etat intervient (on considère qu’il est bon que les citoyens aient une pluralité de sources d’information… ou non). C’est enfin un marché dual : pour que le produit soit accesssible au plus grand nombre et pour que sa diversité soit grande, le coût de production est extrêmement élevé, mais le coût de reproduction est très bas -> structure atypique qui oblige les groupes médiatiques à amortir ces coûts de production en le diffusant à très large échelle. De ce point de vue, la numérisation des médias a considérablement boulversé l’économie de la diffusion de l’information.
Une autre source de financement est évidemment la publicité associé aux médias, qui vendent leur présence auprès des consommateurs aux industriels.

Un média?

Un intermédaire entre des individus qui cherche à s’informer, se divertir, se cultiver et des professionnels qui doivent trier l’information et jouer le rôle d’intermédaire entre deux.

Sur quelle base repose la transformation de ce paysage des médias?

Actuellement, les marchés sont devenus extrêmement concentrés sans qu’on ait observé une diminution de la diversité de l’offre. Il y a 30 ans, ces marchés étaient mieux segmentés (entreprises de radio, de TV, ou de presse écrite… bien séparées).

Qui possède aujourd’hui les médias et comment se construit une architecture financière et industrielle sur des biens d’un type à la fois si particulier et si varié que l’information, le divertissement et la culture?

Nous passons d’un modèle économique actuel (ancien) d’un double financement (publicité et spectateur) à un modèle dans lequel la privatisation des médias tend à un financement unique (publicité) qui rend l’information accessible au consommateur de manière (presque) gratuite (via internet par exemple). Cela reconfigure le marché dans la mesure où il y a un acteur économique qui a de plus en plus de poids et d’incidence sur le contenu médiatique. De plus en plus, les consommateurs ne sont plus près à payer pour de la culture ou du divertissement avec pour conséquence que la régulation de l’industrie des médias se fait sous la pression des annonceurs. Cela risque de dénaturer le moyen de diffuser l’information et ainsi la manière dont le consommateur va avoir accès à celle-ci (diversité, par exemple).

Exemple de financement : presse d’information quotidienne -> 50% lecteurs / 50% annonceurs. Magazine -> la part des annonceurs peut aller jusqu’à 80%. Internet absorbe une partie importante du financement publicitaire et il offre également la possibilité aux annonceurs de mieux maîtriser de manière fine à qui ils s’adressent et comment.
(voir sur le site du Monde – technologie : La publicité sur Internet devrait surmonter la crise)

Qualité des programmes TV ?
Une étude menée en France a mis en évidence qu’en moyenne les français passent plus de 3 heures par jour devant la télévision… mais lorsqu’on leur demande s’ils ont apprécié les programmes, 60% répondent que non… qu’ils se sont ennuyés…

Intéressant non !?

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Histoire Vivante – Médias et journalisme (un ancien métier, de nouveaux paysages)

Cette semaine, Histoire Vivante, l’émission de la Radio Suisse Romande consacrée à des sujets d’histoire ou d’actualité, traite des médias et du journalisme dans la perspective de la diffusion du reportage sur Ruppert Murdoch dimanche 24 février 2008.

On y retrouve notamment Pierre Servent, journaliste indépendant, suite à la publication de son livre « la trahison des médias ».

Avant de rédiger quelques posts sur cette série d’émission, j’ai extrait quelques citations qui sont utilisées en préambule de l’émission radio et je les livre en vrac:

« une information ne vaut que par le contexte social de sa réception et, de ce point de vue là, c’est le contexte qui va définir la valeur », Jean-François Fogel

« Je pense que pour être journaliste, il faut avoir une culture énorme ! Parce que le seul problème du journaliste dans son métier c’est qu’il ne résiste pas à l’interlocuteur d’en face. »

L’émission du 18 février est consacrée à Pierre Servent :

La trahison des médias – Pierre Servent :

Qui trahit qui ?
« actuellement le coeur du système médiatique est centré sur du zapping, de l’émotionel, du compassionel, du lacrymal, plutôt que sur l’apport de sens, de connaissance et d’éclairage. Il y a trahison parce que nous sommes à une époque où tout est à reconstruire, à inventer. »
« Par exemple, dans la campagne américaine, Hillary Clinton retrouve la Une parce qu’elle a pleuré ! C’est totalement anecdotique mais cela démontre cette hypersensibilité émotionelle de la presse -> titré Les larmes d’Hillary Clinton. »

A quoi sert un journaliste ?
« ça sert à apporter des informations et des éclairages… mais surtout du SENS pour conduire le citoyen à devenir un acteur plus dynamique de la démocratie. »

La hiérarchie de l’information ?
« Est-ce que dès que c’est émotionnel et compassionel, on doit le mettre en avant ou doit-on donner un aperçu de l’ensemble ? »

« On nous oblige à regarder l’actualité par un trou de serrure, sous l’angle émotionel et ça ne sert pas la démocratie »

« Les journalistes ont crétinisé les politiques en les encourageant à verser dans une démocratie lacrimale pour obtenir la sympathie des Français. Cela a pour conséquence de vider la démocratie de son contenu »

« Actuellement, le citoyen doit faire l’effort de s’informer, de sélectionner les sources différentes de diffusion d’information. Allumer sa télévision ou lire la presse quotidienne ne suffit simplement plus. Un citoyen actif est un citoyen qui s’informe. »

>> voir aussi le post consacré à l’émission Médialogue qui a également reçu Pierre Servent

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La dérive des médias ?

En écoutant l’interview à Radio Suisse Romande ce matin (Médialogues : 12 fév. 2008), il est question du livre suivant : « La trahison des médias » de Pierre Servent. Le sujet m’a semblé être traité de manière intéressante et je souhaitais livrer quelques notes sur ce que j’ai entendu…

Pierre Servent explique que dans les médias, actuellement, il faut faire étalage de sa « charcuterie intime » – il faut pleurer pour mobiliser la presse.

Par ailleurs, il déplore que le traitement d’un sujet se fait avec un seul son de cloche, souvent provenant de l’opposition, sur le style de « j’accuse ». On va chercher où se trouve la victime et le journaliste va exploiter ce point de vue sans chercher à donner la parole à d’autres intervenants (condamnation émotionnelle). Les notables sont d’office considérés comme peu intéressants ou peu fiables, parce que représentant le pouvoir en place.

Il raconte ensuite que ce qui marche bien en France actuellement, c’est « la chasse aux gros » pour flinguer les gens au pouvoir sans vouloir montrer tous ceux qui fonctionnent bien (similitude dans la politique suisse ou vaudoise – on attaque, on veut limiter les salaires, on veut contrôler les politiciens à tout prix -> je me demande, finalement, qui va dorénavant vouloir faire de la politique ? – c’est bien plus confortable d’être à la tête d’une assurance ou d’une banque… – quoique…).

Il constate aussi que les actions courageuses et réussies des responsables en place ne sont pas assez médiatisées ! Ainsi, on perd de vue la marge de manœuvre limitée des responsables politiques au pouvoir et on les accuse de ne pas faire le maximum pour que les choses changent.
On flingue d’abord et on discute en suite. Il s’agit d’une dérive dans laquelle l’investigation n’est plus assez valorisée avant la publication d’un article…

Il utilise également le néologisme suivant : « Médialomanie » ou le plaisir de se retrouver dans les médias, être reconnus, et le système médiatique joue avec ce plaisir et ce besoin d’exister dans les médias de certaines personnes. Le risque est que, une fois le doigt dans l’engrenage, il soit impossible d’échapper à cette spirale médiatique.

En même temps, l’affaire « Mörgele » fait la une depuis le 1er février 2008 ! et Mörgeli exploite ceci en allant se faire filmer devant un camp de concentration en Allemagne… Pourquoi la SSR est-elle entré dans ce jeu-là ? En tout cas, l’instrumentalisation médiatique de ce lapsus ne fait pas la gloire de l’UDC.
Couchepin a réagi de manière correcte en rappelant ses convictions profondes au sujet de l’holocauste, mais l’UDC est en mal de sujet à exploiter et les médias se délecte d’un tel excès émotionel dirigé contre le Président de la Confédération (Raymond Lorétan – conseiller en communication – RSR 12.02.08)

Le citation du jour de l’émission résume bien ces interventions :

« La presse lèche, lâche et lynche » (J-F Khan – fondateur de « Marianne »)

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New forms of collaboration in a working environment

(Holm Friebe from the socialistic-capitalist joint-venture Zentrale Intelligenz Agentur in Berlin : new forms of cooperation and collaborative work in todays’ society -> The Hedonistic Company)

The seven NO rule :
No office (very informal places of work, sometimes working together, sometimes not…), no employees, no fixed costs, no pitches, no exclusivity (the company doesn’t own your whole life work), no working hours (you can work any time during the day, from whereever you are), no bullshit.

The work-work balance rule :
Balance between commercial and creative work, between work for clients and test projects designed for no one in particular.

The instant gratification rule :
use money as incentive, distribute profit, to push people to be creative and come to work… Paid according to the work done, no fixed salary, keeping 10% for the company’s hedonistic projects

The Pluralism of methods rule :
find technical solutions for social problems, Us online tools instead of meetings to collaborate and find solutions. Go for the most popular tools and not the more sophisticated ones, so anyone can use them (shared agendas, collaborative tools and blogs…)

The fixed ideas rule :
live up to your intellectual obsessions. Express and defend wildest ideas and obsessions.

The Responsabilities without hierarchies rule :

each project has to have on person in charge, but it can be anybody. The majority decides which one can be pursued and managed.

The Power of procrastination rule :
Don’t try to be too efficient. Good ideas will adapt and be productive even if you leave them aside for a time.

Marketing by Feuilleton

No advertising, no PRs, if you do something interesting, talk about it and it will get known fast.

>> Stephanie’s notes about the speech

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