juin 13, 2008
· Classé sous Com · Tagged facebook, google, internet, iPhone, web
Suite à la lecture assidue d’un article de Time magazine consacré à l’analyse des prochains leaders sur le web, j’ai été interpelé par la dernière phrase du texte… que j’avais déjà d’ailleurs découvert dans d’autres articles consacrés plus ou moins au même thème :
But for now? Great technology, today as always, renders us as gods.
Ainsi donc, la technologie du présent… et du futur ferait de nous des (demi-)dieux? Je dois dire que cela m’interroge…
Il est vrai que plus on avance et plus nous en prenons les caractéristiques… Ce dont d’ubiquité, cette faculté d’être partout et nulle-part en même temps, cette (presque) omniscience (quoi, vous n’avez pas vu les nouvelles? Il vient de se produire un tremblement de terre en Mongolie intérieure…) grâce à son téléphone portable en phase directe avec les grands évènements de ce monde, cette capacité à prévoir le futur proche (il fera beau demain entre 11h00 et 15h00 au bord du lac… je devrais donc pouvoir faire mes grillades) et j’en passe…
Malgré tout, je continue à être perplexe… Avons-nous le discernement suffisant pour assumer cette nouvelle position d’hommes-dieux? Il ne faut pas oublier les nombreuses responsabilités qui vont avec ce genre de pouvoir. Je pense par exemple à celle de devoir justifier à chaque instant de notre capacité de savoir ce qui se passe, de répondre quand on nous appelle, de répondre immédiatement à un mail ou un SMS, d’être partout à la fois (virtuellement en tout cas)…
En sommes-nous capables? A titre personnel, en ce qui me concerne, j’en doute… et ça me va comme ça! Ce pouvoir finira par nous empêcher de vivre notre vie d’humain à force de vouloir être des dieux de la technologie… Et comme dit ma BD favorite, “Dieu n’a pas réponse à tout, mais il est bien entouré“. Ce qui tend à prouver que même LUI a choisi de privilégier ses relations par rapport à la toute connaissance et la toute puissance.
Me voilà rassuré !
Allez, je vous laisse, on m’appelle…
mars 4, 2008
· Classé sous Com · Tagged internet, journalism, news, survey, Zogby Poll
Following a Media/Zogby Interactive poll, we learn that two-third of Americans prefer getting information from Internet than from traditional sources of news like newspapers or TV. This shift is even more dramatic for people under 30 years old.
The following comment gives a good insight of the problem (from zogby’s site) :
“For the second year in a row we have documented a crisis in American journalism that is far more serious than the industry’s business challenges - or maybe a consequence of them,” said Andrew Nachison, co-founder of iFOCOS. “Americans recognize the value of journalism for their communities, and they are unsatisfied with what they see. While the U.S. news industry sheds expenses and frets about its future, Americans are dismayed by its present. Meanwhile, we see clearly the generational shift of digital natives from traditional to online news - so the challenge for traditional news companies is complex. They need to invest in new products and services - and they have. But they’ve also got to invest in quality, influence and impact. They need to invest in journalism that makes a difference in people’s lives. That’s a moral and leadership challenge - and a business opportunity for whoever can meet it.”
What has been commented in my previous posts makes sense in the light of the study reported above. I would personnally underline a few reasons, in my opinion, for this shift to Internet to get news :
- People get used to obtain more and more free material from Internet : music, movies and news are the most visible part of this phenomenon. Who will be willing to pay to be informed in the future ? And what consequences does it have on news departement financing ? Are we responsible, in a way, of the news production lack of financial independence ?
- As Internet allow a real interactivity between journalists and their audience, do “traditional journalists” have to quickly learn how to accept a new interaction with their readers or viewers in order to get their attention … and fulfill their needs for customized information ?
- When Andrew Nachison declares that news companies need to invest in journalism that makes a difference in people’s live, I am a little worried about media quality in the future regarding how they are financed by advertisers and investors. The latters’ interests are certainly not those of news citizen-consumers who need to be informed and not only entertained !
février 24, 2008
· Classé sous Com · Tagged histoire vivante, internet, journalisme, médias, presse
Je poursuis ici ma prise de notes concernant la passionnante série d’émissions produites par la RSR et consacrées aux médias et au journalisme :
Interview de Jean-François Fogel qui a écrit avec Bruno Patino: Une presse sans Gutenberg. Pourquoi Internet a bouleversé le journalisme aux éditions Points en 2007.
Trois événements fondateurs qui aide la profession de journaliste à comprendre ce qu’est le média
- 9/11 -> la plupart des sites Internet s’effondrent au moment des attentats parce que les demandes de consultations sont trop nombreuses en trop peu de temps. On comprend alors qu’il faut se constituer et vivre en réseau : les photos à un endroit, le texte à un autre, les vidéos encore ailleurs. Cela permet d’être plus fort lors de pics de sollicitations comme celui-ci. Les serveurs sont répartis à plusieurs endroits du monde.
- les attentats de Madrid en 2004 -> info plus fluide qui n’est plus seulement du texte : animation flash, texte, photos, vidéo. Un nouveau language apparaît.
- Attentat de Londres en 2007 -> l’information est fournie par l’audience et la BBC publie ce qui lui est transmis (vidéos et photos prises depuis des téléphones mobiles par exemple). En conséquence, la BBC va se réorganiser pour mobiliser 10% de son staff pour publier ce qu’elle reçoit de son audience (passage au User Generated Content or Consumer Generated Media - voir la référence à la BBC dans l’article de Wikipedia + Citizen Journalism dans Wikipedia).
Avec internet, on est revenu à un mode de communication journalistique d’avant Guttenberg. En effet, comme lorsqu’un barde ou un autre intervenant diffusait de “l’information” obtenue ça et là à un public, ce dernier pouvait réagir directement à ce qui était dit et répondre à “l’émetteur”. Dès lors que la publication d’information se fait de manière écrite et imprimée, le lecteur ne peut interagir directement avec l’auteur du discours. De nos jours, sur Internet, sur la même page, on peut trouver l’information (discours) et les réactions des lecteurs qui interagissent directement à la source. On est dans un univers où rien n’est stable et où l’audience parle autant que les auteurs du discours (pas toujours facilement identifiable d’ailleurs).
A la différence d’un média “traditionnel” qui décide du contenu diffusé chaque jour, le journalisme sur Internet est dicté par les demandes de l’audience.
L’importance de Facebook -> capacité de configurer l’audience. Choisir un groupe en particulier pour faire circuler l’information et mieux gérer l’impact. Difficile de mesurer l’effet que cela aura sur les médias dans le futur. La gestion de l’information à l’intérieure de groupes organisés de manière spécifique autour de spécialistes change la manière dont celle-ci circule. On assiste à une fragmentation de l’audience. Internet est un média des masses mais pas un mass-média.
A lire également : Les actus du monde.fr font des liens vers de blogs